Marché immobilier,

Interview : Divy Bartra, président de la FTAI « En 2020 et 2021, l’immobilier se stabilise dans le creux de la vague »

Après une année 2019 particulièrement difficile, le secteur s’est stabilisé. Divy Bartra, gérant de l’Agence générale et président de la Fédération territoriale des agents immobiliers (FTAI), fait le point et se permet d’espérer un regain dans les mois à venir.

Rédigé par Rectiligne
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Immocal : Quel bilan peut-on dresser pour le secteur de l’immobilier ces dernières années ?


Divy Bartra : Le secteur a touché un plancher bas en 2019. Le nombre et le volume global de transactions ont chuté de 18% et la production de crédits bancaires a baissé de 20%. Le prix des villas et les appartements a diminué de 4% entre 2018 et 2019 et celui des terrains de 17%. Selon l’Isee, le marché était déjà dans un ralentissement perceptible depuis 2015. Cela est lié au solde migratoire négatif, avec en moyenne 2 000 personnes de moins chaque année, en raison du contexte politique, social et économique. 2020 est ensuite une année plateau. Le premier semestre 2021 est dans cette continuité. Le volume de transactions, en nombre et en valeur, reste stable sur l’habitat. On a cependant un doublement de 5% à 10% de la vacance locative en l’espace de 5 ans, toujours selon l’Isee. De plus, les loyers baissent avec pour conséquence, l’effondrement de la rentabilité d’investissement locatif.

Comment se profile l’évolution de l’immobilier ?


D. B. : On observe un recentrage du marché sur des acquisitions à des fins de résidence principale, là où avant il y avait plus d’investissements locatifs. La villa a le vent en poupe, ce qui est sûrement lié aux effets des confinements, qui ont donné envie d’être plus à l’aise chez soi. Le marché est là aujourd’hui pour satisfaire un besoin de logements des Calédoniens qui ont suffisamment confiance dans l’avenir pour investir. Certains attendent aussi que les incertitudes institutionnelles soient derrière nous pour réaliser leurs investissements. En 2022, on espère un marché de l’ancien qui devrait retrouver des couleurs sous l’effet d’un retour de la confiance en l’avenir. Pour ce qui est de l’immobilier neuf, même si dès le début 2022 il y a un nouvel enthousiasme, entre le moment où la demande se matérialise et le moment où on est en mesure de mettre sur le marché de nouveaux logements, il se passe plusieurs mois.

Y-a-t-il des inquiétudes particulières qui planent sur le milieu ?


D. B. : Sur le terrain de la fiscalité, deux événements nous inquiètent. Tout d’abord, la fin des droits d’enregistrement à taux réduit dont bénéficiait l’immobilier neuf depuis deux ans. A compter du 1er janvier 2022, l’immobilier neuf retrouvera le même niveau de frais de mutations que pour la vente des biens anciens, soit environ 11,5% du prix de vente. Il y a également la réforme de la TGC qui passera par une augmentation du taux de TGC applicable à tous les services et aux travaux immobiliers dès le 1er janvier 2022. Tous les travaux de construction de maison individuelle, par exemple, et tous les travaux de rénovation ne seront plus à 6% de TGC mais à 11% et les ventes de biens immobiliers neufs seront également concernées au 1er juillet 2022. De plus, avec la hausse du prix des matières premières et du fret, l’index BT21 a progressé de 2,8% en 8 mois, le coût de construction va donc fortement augmenter. Il y a aussi l’assurance décennale qui pèse davantage sur les coûts qu’auparavant. Ces facteurs ne sont pas favorables à la reprise. Il y a encore beaucoup d’interrogations et relativement peu de visibilité pour le secteur du BTP.

 

Article paru dans IMMOCAL #190 DECEMBRE 2021

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